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Le site du Viaduc de Corbinières, à Guipry-Messac

vue du viaduc de Corbinières, depuis le chemin de halage

Le viaduc de Corbinières 

…est un viaduc ferroviaire commencé en 1858, achevé en 1861.

Il chevauche gracieusement la Vilaine. Ses arches sont toutes obliques, les pierres sont taillées et posées en biais et l’ensemble change de couleurs au gré de celles du ciel, de l’eau, et de la saison.

Le viaduc de Corbinières en mai 2026
Le viaduc de Corbinières en mai

Le chemin de halage est ombragé par endroits, et des ruissellements le long de la paroi rocheuse procurent une impression de fraîcheur.

arches du viaduc de Corbinières

Le viaduc de Corbinières vu de profil
Arche du viaduc de Corbinières
Une grotte dans la paroi rocheuse de Corbinières

Dans les éboulis rocheux qui bordent le chemin de halage, il y a une grotte.
Un vieille femme, assise sur un banc, m’a conseillé de ne pas m’attarder dans les parages. C’est ici, m’a-t-elle affirmé, qu’en 1987 un petit cirque de passage abandonna un couple d’ours noirs des Carpates qui leur coutait trop cher à nourrir. Ils se sont reproduits depuis. On ne connait pas leur nombre exact, mais ce sont des animaux discrets qui régulent la population de chevreuils tout en croquant parfois un chien errant ou un enfant restant à la traîne d’une promenade familiale ennuyeuse.
Voilà qui nous change avantageusement des histoires de Gargantua !

Pile du viaduc-corbinieres

Cette pile du viaduc est le domicile de plus d’une dizaine d’espèces de chauves-souris, dont le grand rinolophe. Il ne faut pas essayer de les apercevoir ou de les déranger.

Il y a des graffitis et inscriptions sur une des piles du pont, aussi.

graffitis sous le viaduc de Corbinieres
louis Coulier, 1908

Qui était ce Louis Coulier, qui écrivit son nom dans la pierre en 1908 ? Cet homme, qu’on retrouve en Amérique en 1920 ? Ou fait-il partie de ceux qui, fauchés pendant la grande guerre,  n’ont laissé de trace que dans la mémoire de leur famille et sur   un des monuments aux morts locaux ?

Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire des chemins de fer et de la ligne Rennes-Redon, les Décisions du Conseil Général concernant la commune de Langon et éventuellement les communes environnantes, ainsi que le chef-lieu de Canton, Redon, et le Département selon l’intérêt ou les particularités spécifiques ou originales, ainsi que l’impact local ou régional entre autre sur les différentes voies de communicationsont en ligne ICI  (entre 1839 et 1937)

Quelques photos d’archives, de mars 2015. Le site n’a pas changé depuis mais la lumière de printemps au lever du jour lui donne un autre aspect.

Train passant sur le viaduc de Corbinières
Viaduc de Corbinières en mars 2015
Le viaduc de Corbinières un matin de mars
Le viaduc de Corbinières dans la lumière du matin
Le viaduc de Corbinières de profil

Comments (4)

  1. Le minéral, la roche mère, la base, l’origine d’un pays.

    Les arches des ponts sont profilées et orientées de façon à guider l’eau afin que le courant longe la veine rocheuse et ne mine pas l’autre rive plus fragile. Ca donne à l’intérieur des arches un effet de torsion étonnant.

    Les piles du pont témoignent des affrontements. Les impacts de plombs et de balles de différents calibres sont clairs. Dans le pont de l’ancienne voie ferrée/voie verte de Guipry Messac, on peut même voir un impact d’obus qui a déchiré le métal à son passage. Moi qui ne sait rien de la balistique ni de la guerre, ça me laisse circonspect et pensif.

    Louis Coulier a eu le nez fin s’il a émigré loin de l’Europe avant les grandes tueries ! Lui aussi a sacrifié au rite et laissé sa trace : « -Je veux qu’on se souvienne de moi dans ce pays avant que je m’en aille loin. » Et on parle encore de lui longtemps après sa mort. RIP. Espérons qu’il a trouvé son eldorado.

  2. Merci pour ces informations très intéressantes. Les ponts relient, la guerre détruit. Je me demande quel est le pont le plus ancien du Pays de Redon…

  3. Bonjour Musardise,

    Toujours un grand plaisir de découvrir vos nouvelles photos.
    Un site que je connais très bien, point de départ pour de longues promenades en vélo…
    Ou bien en tant que passager dans le train vers Redon ou Paris.
    J’avais, il y a quelques années, gravé mon nom sur la pierre du pont, avec difficulté par ailleurs !
    Toujours émouvant de se demander quel a été le destin de chacun.
    Est-ce que la présence d’ours des Carpates est avérée ?
    S’agit-il d’une légende (presque) urbaine ?
    Je n’ai jamais lu quoi que ce soit à ce sujet, ni croisé de plantigrade, aussi bien en vélo, que lors de randonnées pédestres. Très étonnant.
    Bien à vous.
    Gaël

    1. Bonjour Gaël
      Je crois que les ours des Carpates ne survivraient pas longtemps dans un tel environnement, et qu’il y a beaucoup de faiseurs de légendes en Pays de R’don…

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