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Les vitraux de l’abbatiale de Saint Gildas des bois

enfant fou Immortalisé dans un vitrail de cristal

L’abbatiale romane de Saint Gildas des bois a connu bien des heurs et malheurs. Parmi les derniers en date, les bombardements de 1944, qui en ont détruit la partie supérieure et mis à terre les vitraux.
En 2008, une commande publique dote cette église de nouveaux vitraux. Ils ont été conçus par Pascal Convert, et réalisés sous sa houlette en plusieurs étapes que le profane ne peut deviner sur place.

Un vitrail en cristal, représentant un enfant dans l'abbaye de Saint-Gildas-des-bois
L’enfant du vitrailde cristal va vous suivre des yeux pendant votre visite
Vitrail de cristal dans une abbaye du 12ème siècle, à Saint-Gildas-des-bois

Il y a quatorze vitraux différents, tous en cristal monochrome.
Dans l’art religieux, les personnages bibliques des tableaux, des sculptures, sont inspirés de modèles offerts par les compagnons d’atelier de l’artiste, des proches, des commanditaires que l’on veut honorer, ou des puissants de l’époque. Ce n’est pas le cas ici. Il s’agit d’enfants vivant dans un asile, pauvres idiots, fous, attardés congénitaux, comme on le disait alors. Il y a un siècle, ils étaient soignés par un médecin disciple de Charcot, Désiré Bourneville, qui les a photographiés et répertoriés. Et c’est de ces clichés, simplifiés, que sont nés les vitraux.
Saint-Gildas, paraît-il, bénissait les fous qu’on lui amenait. Ces enfants là, ceux des vitraux, n’ont pas pesé lourd sur terre. Peut-être ont-il fini leur existence dans la fosse commune d’un cimetière hospitalier, mais leur image transparente habite une église, dans la lumière.
Aller de l’un à l’autre est troublant. Les personnages n’ont pas d’yeux et pourtant ils vous fixent doucement, ils tournent la tête quand vous marchez, ils vous suivent. En fonction de votre position, à droite, à gauche, juste dessous, ils vous regardent.
Je ne sais pas comment s’appelle ce procédé, quand un personnage de tableau, de bas-relief, accompagne vos déplacements sans vous lâcher des yeux. L’effet Mona Lisa, peut-être, mais elle ne regarde que d’un côté, elle.

Le personnage le plus énigmatique est, pour moi, celui du bébé dans le vitrail au-dessus des fonts baptismaux. Il semble vouloir repousser quelque chose avec sa main tendue, paume ouverte. Il est le seul représenté de profil. Que dit-il ? Vade retro Satanas ? Ne me laisse pas tomber ? Fichez moi la paix?

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